Tirages palladium

Le palladium est un métal noble, au même titre que l’argent ou l’or. Associé à de l’oxalate ferrique, ce mélange devient photosensible. Il suffit alors d’étendre cette solution sur une feuille de papier afin que les fibres s’en imprègnent généreusement. Une fois sèche, on place un négatif au contact de la feuille de papier, on insole l’ensemble aux UV puis on passe la feuille insolée dans un révélateur. Encore une fois, comme au labo, la magie de l’image qui apparaît opère.

 

Le tirage palladium appartient à la famille des procédés dits alternatifs et ne peut se concevoir que de manière artisanale. Exception faite du palladium qui est acheté chez des fournisseurs, tous les autres produits (oxalate ferrique, révélateur, bains de clarification) sont fabriqués par mes soins à partir de produits chimiques de base.

L'autre particularité de ce procédé, c'est que le palladium réagit différemment selon le papier utilisé et, noblesse oblige, ce sel métallique ne tolère que des papiers chimiquement neutres à la pureté irréprochable. Les papiers contemporains étant trop chargés en azurants et autres liants, mes choix se sont portés vers les papiers artisanaux japonais (washi) qui offrent, outre leur pureté, des textures exceptionnelles, rendant au palladium sa capacité à offrir des noirs profonds, chaleureux, où l'image se fond au coeur des fibres.

Les passionnés d'images ayant eu l'occasion de prendre en main ces tirages évoquent souvent le parallèle avec la gravure, osant parfois les termes de "haute couture" ou encore "d'orfèvrerie".


Papier Genshi

(fibre de mûrier et chanvre de Manille)