Hasselblad 500 C/M

Le plaisir d’un jour nouveau… Se projeter, anticiper, espérer la lumière, choisir le bon film, sentir sa résistance au chargement sous la manivelle, vérifier que le sac est complet, tout un rituel de l’imaginaire…

Puis savourer le trajet, savoir repousser l’instant, tourner autour du sujet, saisir l’appareil, sentir ses formes sous les doigts, se souvenir de son poids dans les mains, retrouver ses repères, porter l’oeil sur le viseur, magie du dépoli, le monde prend une toute autre signification, c’est tout à coup entrer en intimité avec l’univers, les gens, les choses…

Ne pas céder à la précocité du déclenchement, savoir revenir en arrière, réévaluer une lumière, un angle, un coin oublié, retenir sa respiration au moment de l’instant saisi, affiner  une mise au point, crisper l’index sur le déclencheur, sentir sa légère résistance avant qu’enfin il ne cède, se laisser porter par le délicieux « schlock ! » du miroir qui bascule…

Et on reste là, quelques instants hébété, à imaginer ce que donnera l’instant saisi, à espérer qu’il sera à la hauteur de cette tranche de vie vécue…

Un tour de manivelle, comme un tour de manège, encore un ticket pour le plaisir, et on se surprend à vouloir revivre l’instant… Pour une éternité !

Adolescent, cet appareil je l’ai rêvé, longtemps. Inaccessible Hasselblad, considéré comme la Rolls des appareils photos, l’arrivée du numérique a fini par rendre le rêve possible. Celui-ci est sorti des usines suédoises en 1985 mais je le possède depuis 2005. Depuis, nous ne nous quittons plus, c’est une véritable histoire d’amour qui semble durer !