Sous la voûte, l'âme !

Ce matin là, comme à chaque fois que j’entre dans l’atelier, le pas de porte m’accueille des fragrances fortes qui imbibent les murs de chaux blanche : colle de peaux, gomme arabique, vernis à l’alcool, tripoli, popote, mais aussi les odeurs de poussière d’ébène, d’érable et d’épicéa… Sans oublier cet indéfinissable parfum ramené de la plaine du Pô, qui vit grandir Crémone, et que quelques célèbres lombards érigèrent en capitale historique de la lutherie. Passé le bain des odeurs, au second pas après la porte, c’est le camaïeu de teintes chaudes qui prend le dessus. La pâle lumière de l’arriè[...]

Tirages palladium

Le palladium est un métal noble, au même titre que l'argent ou l'or. Associé à de l'oxalate ferrique, ce mélange devient photosensible. Il suffit alors d'étendre cette solution sur une feuille de papier afin que les fibres s'en imprègnent généreusement. Une fois sèche, on place un négatif au contact de la feuille de papier, on insole l'ensemble aux UV puis on passe la feuille insolée dans un révélateur. Encore une fois, comme au labo, la magie de l'image qui apparaît opère.   Le tirage palladium appartient à la famille des procédés dits alternatifs et ne peut se concevoir que de[...]

Tirages Lith

Les tirages lith s'obtiennent de façon traditionnelle, en chambre inactinique, à partir d'un négatif et d'un agrandisseur, sur un papier argentique traditionnel. L'une des particularités des tirages lith, c'est une réaction différente propre à chaque papier. C'est une porte ouverte vers des contrées inconnues, d'agréables surprises comme de tristes déconvenues, c'est se contraindre à accepter l'aléatoire. A la différence du traditionnel procédé argentique (révélateur, bain d'arrêt, fixateur), le procédé lith utilise un révélateur particulier (révélateur lith) qui possède la singularité de s[...]

Tirages argentiques

Doté d'un laboratoire et bénéficiant d'une longue expérience de la chambre inactinique, je continue à tirer de façon traditionnelle, à partir de négatifs argentiques sur des papiers contenant des sels d'argent. Mes préférences s'orientent vers les papiers barytés brillants qui confèrent aux images des noirs très profonds, de superbes nuances de gris. L’émulsion sensible et la couche de sulfate de baryum garantissent au papier blancheur et tenue dans le temps. Ayant une nette préférence pour les tons chauds, j'utilise également des procédés de virage tels que le sélénium, le cuivre, la thiou[...]

SHEN HAO 4x5

Photographier à la chambre, c'est faire l'éloge de la lenteur ; c'est prendre le temps de son cadrage, de ses réglages ; c'est accepter une chorégraphie millimétrée autour de l'appareil ; c'est attendre le moment opportun pour déclencher. Photographier à la chambre, c'est accepter une autre philosophie de la prise de vue ; c'est renoncer à la rapidité de l'instantané ; c'est prendre le contrepied de l'accumulation ; c'est assumer une forme de lenteur ! Photographier à la chambre, c'est le temps de la contemplation, de la réflexion ; c'est selon le concept d'Ansel Adams prévisualiser so[...]

"Sirat al bunduqiyyah"

"Sirat al bunduqiyyah" qui pourrait se traduire, selon Corto, Fable de Venise ! La lumière perdue dans l'inextricable double labyrinthe de terre et d'eau confirmait la légende de la Sérénissime magicienne et mystérieuse. Ombres de fer forgé, dentelles éphémères et chimériques, où menait donc cet escalier des rencontres ? A la porte de la respectable Hermès ? Dans les salons feutrés d'Hipazia ou encore Chez le vieux Melchisédéch ? Croyant voir son fantôme dans l'ombre d'une arrière boutique, je suis entré. J'y ai rencontré Gianni Basso, il stampatore, le Gütemberg de Venise. A moin[...]